Notre-Dame de la Conception Aparecida, Reine et Patronne de Brésil

Évangile

Jn 2:1-11

En ce temps-là:

1 Trois jours après, il se fit des noces à Cana en Galilée, et la mère de Jésus y était. 1 Et die tertia nuptiae factae sunt in Cana Galilaeae, et erat mater Iesu ibi.

Ver. 1. Die tertia: à partir de la date citée en dernier lieu. Cf. I, 43. C’était donc le sixième jour depuis I, 19.
Cana. Localité assez communément identifiée à Kefr Kenna, au nord-est de Nazareth, et nommée Cana de “Galilée”, parce qu’il existait un autre Cana, situé près de Sidon. Cf. Jos. XIX, 26; Atl. géogr., pl. X, XI, XII.
Erat mater… Trait qui a pour but de préparer les détails qui suivent. Marie joua un rôle important dans ce premier miracle de son Fils.

2 Et Jésus fut aussi invité aux noces, avec ses disciples. 2 Vocatus est autem et Iesus, et discipuli eius ad nuptias.

Ver. 2. Et discipuli. Ceux-ci furent invités par égard pour leur Maître, et ce fut sans doute leur présence inattendue qui faillit mettre les nouveaux mariés dans un grand embarras.

3 Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit: Ils n’ont pas de vin. 3 Et deficiente vino, dicit mater Iesu ad eum: Vinum non habent.

Ver. 3. Deficiente vino. Fait doublement pénible en une telle fête.
Dicit mater… Son regard délicatement attentif a tout aperçu, et elle s’adresse à Jésus pour parer à la situation.
Dans les mots vinum non…, la plupart des interprètes volent à bon droit la demande discrète d’une intervention surnaturelle.

4 Jésus lui dit: Femme, qu’y a-t-il entre moi et vous? mon heure n’est pas encore venue. 4 Et dicit ei Iesus: Quid mihi, et tibi est, mulier? nondum venit hora mea.

Ver. 4. Quid mihi et tibi… Locution hébraïque capable d’exprimer des nuances nombreuses de la pensée. Cf. Jos. XXII, 24; Jud. XI, 12; II Reg. XVI, 10; Matth. VIII, 29, etc. Si elle marque toujours “une divergence de vues, la non-acceptation d’une solidarité, le refus d’une proposition”, etc., elle peut s’associer avec le respect le plus profond; aussi, en l’adressant à sa mère, Jésus voulait-il simplement dire que son ministère public étant ouvert, il devait désormais n’envisager dans ses actes que la volonté de son Père céleste. Cf. Luc. II, 49. On peut la traduire, avec un commentateur contemporain, par: Laissez-moi faire, ma mère. Le titre mulier, γύναι, n’a rien de dur non plus. Chez les Juifs comme chez les Grecs, on l’adressait, dans l’intimité, même aux personnes les plus almées. Cf. XIX, 26; XX, 15; etc.
Hora mea est une expression caractéristique du quatrième évangile (cf. VII, 30; VIII, 20; XII, 23; XIII, 1, etc.), pour marquer le moment précis voulu par Dieu pour telle ou telle chose. “Jésus fait tout à son heure: sa vie entière est réglée providentiellement…; il n’a pas besoin d’être dirigé ni stimulé.”

5 Sa mère dit aux serviteurs: Faites tout ce qu’il vous dira. 5 Dicit mater eius ministris: Quodcumque dixerit vobis, facite.

Ver. 5. Dicit mater… Marie avait fort bien compris que sa demande n’était pas absolument rejetée.
Quodcumque…: quelque extraordinaire que l’ordre pût paraître.

6 Or il y avait là six urnes de pierre, pour servir aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. 6 Erant autem ibi lapideae hydriae sex positae secundum purificationem Iudaeorum, capientes singulae metretas binas vel ternas.

Ver. 6. Secundum purificationem… Au sujet des rites purificatoires des Juifs, voyez Marc. VII, 1-4, et le commentaire.
Metretas. Vraisemblablement le μετρητής attique, qui contenait près de trente-neuf litres. La capacité de chaque amphore était donc d’environ soixante quinze à cent quinze litres.

7 Jésus leur dit: Remplissez d’eau ces urnes. Et ils les remplirent jusqu’au bord. 7 Dicit eis Iesus: Implete hydrias aqua. Et impleverunt eas usque ad summum.

Ver. 7. Usque ad… Les moindres détails attestent que l’auteur était un témoin oculaire.

8 Alors Jésus leur dit: Puisez maintenant, et portez-en au maître d’hôtel. Et ils lui en portèrent. 8 Et dicit eis Iesus: Haurite nunc, et ferte architriclinio. Et tulerunt.

Ver. 8. Architriclinus. Mot d’origine grecque, qui signifie: le chef du “triclinium” ou du repas. Il désigne sans doute ici le premier des serviteurs, chargé de l’ordonnance du festin, de la dégustation des mets et des vins, etc.

9 Dès que le maître d’hôtel eut goûté l’eau changée en vin, ne sachant d’où venait ce vin, quoique les serviteurs qui avaient puisé l’eau le sussent bien, il appela l’époux, 9 Ut autem gustavit architriclinius aquam vinum factam, et non sciebat unde esset, ministri autem sciebant, qui hauserant aquam: vocat sponsum architriclinius,
10 et lui dit: Tout homme sert d’abord le bon vin; puis, après qu’on a beaucoup bu, il en sert du moins bon; mais toi, tu as réservé le bon vin jusqu’à maintenant. 10 et dicit ei: Omnis homo primum bonum vinum ponit: et cum inebriati fuerint, tunc id, quod deterius est. Tu autem servasti bonum vinum usque adhuc.

Ver. 9-10. Ut… gustavit (vers. 9). Grand étonnement de l'”architriclinus”. C’est probablement sur sa propre expérience, et non sur une coutume régulière, qu’il s’appuie pour dire: Omnis… primum… (vers. 10).

11 Jésus fit là le premier de ses miracles, à Cana en Galilée; et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. 11 Hoc fecit initium signorum Iesus in Cana Galilaeae: et manifestavit gloriam suam, et crediderunt in eum discipuli eius.

Ver. 11. Hoc… initium… C’est donc vraiment le premier de tous les miracles de Notre-Seigneur que saint Jean vient de raconter.
Gloriam suam. C.-à-d., sa puissance divins). Cf. I, 14.
Résultat de cette manifestation; crediderunt… Déjà les disciples de Jésus avaient commencé à croire en lui (cf. I, 37, 41, 45, 49); leur foi fit alors un nouveau progrès.