Exaltation de la Sainte-Croix

Évangile

Jn 3:13-17

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème: (In illo tempore, dixit Iesus Nicodemo:)

13 Personne n’est monté au ciel, sinon Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est dans le ciel. 13 Et nemo ascendit in caelum, nisi qui descendit de caelo, Filius hominis, qui est in caelo.

Ver. 13. Et nemo… Raison pour laquelle on devait croire à la parole de Jésus sans la moindre hésitation: seul parmi tous les hommes, il connaît à fond les mystères célestes, puisqu’il est descendu du ciel, où il continue de résider par sa nature divine. Ce passage contient une preuve très forte de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Qui descendit: par l’incarnation. Les mots nemo ascendit doivent être pris ici dans une acception toute générale; ils ne se rapportent pas directement à Jésus, qui n’était pas encore remonté au ciel.

14 Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, de même il faut que le Fils de l’homme soit élevé, 14 Et sicut Moyses exaltavit serpentem in deserto; ita exaltari oportet Filium hominis:
15 afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. 15 ut omnis, qui credit in ipsum, non pereat, sed habeat vitam aeternam.

Ver. 14-15. Et sicut… Dans les vers. 14-15, le Sauveur révèle un autre grand mystère à Nicodème, celui de sa mort glorieuse pour le salut des hommes.
Sicut Moyses… Allusion au fait célèbre que raconte le livre des Nombres, XXI, 8-9. D’après Sap. XVI, 5 et ss., le serpent d’airain était “un signe de salut”, qui guérissait tous ceux qui le regardaient avec foi. Le rapprochement avec la mort de Jésus et ses fruits merveilleux se fait de lui-même.
Ita exaltari (ὑψωθῆναι)… C’est son crucifiement que Notre Seigneur désignait par cette expression. Cf. XII, 33. Paradoxe remarquable, puisqu’il s’agit d’une exaltation qui était en elle-même l’humiliation la plus profonde; mais la mort de Jésus sur la croix devait être suivie à bref délai de la résurrection et de l’ascension, d’un triomphe éternel.
Ut omnis qui credit…, habeat… (verset 15). But de la mort du Messie, et condition à laquelle on aura part au salut qu’il apporte.

16 Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. 16 Sic enim Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum daret: ut omnis, qui credit in eum, non pereat, sed habeat vitam aeternam.

Ver. 16. Sic enim… Les vers. 16-21 ont été parfois regardés, mais bien à tort, comme une sorte de commentaire ajouté par l’évangéliste aux paroles de Jésus. Si ce changement avait eu lieu, l’écrivain sacré l’aurait indiqué par une transition. Le vers. 16 marque lé motif qui a décidé Dieu le Père à livrer son Fils à la mort de la croix. On a dit à bon droit qu’il résume toute la Bible et tout le plan divin en ce qui concerne le salut de l’humanité. L’adverbe οὔτως, placé en avant de la phrase, a une énergie particulière.
Mundum: le genre humain tout entier. Dieu veut donc sauver tous les hommes sans exception. Saint Jean fait volontiers usage du substantif κόσμος (soixante-dix-huit fois), que les synoptiques réunis n’emploient que quinze fois.
Filium… unigenitum. Ces mots mettent en relief la grandeur du don fait par Dieu à l’humanité: il n’avait rien de plus cher que son Fils unique. Cf. Gen. XXII, 2.
Ut omnis… Répétition du vers. 15.

17 Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui. 17 Non enim misit Deus Filium suum in mundum, ut iudicet mundum, sed ut salvetur mundus per ipsum.

Ver. 17. Non enim… L’intention que Dieu se proposait en envoyant son Fils sur la terre est exposée d’abord négativement, non… ut judicet (le verbe juger a dans tout ce passage le sens de condamner); puis positivement, sed ut salvetur… Jésus dira plus tard, il est vrai: Je suis venu pour juger le monde (cf. IX, 39); mais ce rôle ne sera le sien que d’une manière indirecte, et par la faute des hommes eux-mêmes. En réalité, il n’est venu que pour sauver. Notez la triple répétition emphatique du mot monde dans ce verset.